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Bilal en BD Majeur

vendredi 12 décembre 2008

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Passion Estampes

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Passionnées d’art, spécialisées dans les originaux multiples (lithographies, gravures, sérigraphies), nous tentons par l’intermédiaire de notre site (...)

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Quand Baudelaire rencontre Philip K Dick, quand le romantisme prend des allures post-apocalyptiques, Enki Bilal s’impose comme l’un des plus grands artistes contemporains.

Bilal en BD Majeur

Il y a quelque chose de difficilement définissable mais de très énervant dans l’intellectualisme artistique parisien... Quelque chose qui, depuis bientôt un siècle, classe ce qui est nébuleux comme supérieur à ce qui se comprend facilement, comme si l’art ne pouvait résider que dans le difficile à appréhender, l’insondable ; l’indéchiffrable !

La bande dessinée a toujours été destinée au plus grand nombre, et de ce fait, elle eut beaucoup de mal à entrer dans le cercle très fermé de l’art.

Entre littérature et peinture, entre arts nobles reconnus et adoubés depuis l’Antiquité, la bd eut quelques difficultés à s’affirmer. Il a fallu du temps, des artistes (graphistes et scénaristes) de grand talent pour qu’enfin (avec l’aide du Festival d’Angoulème devenu Mecque Mondiale de la discipline) l’art de la bande dessinée commence à être reconnu.

Enki Bilal, par sa singularité, par son univers fort, obsessionnel et persistant au fil des ans, est un de ces artisans de talent qui contribuèrent à faire entrer le 9ème art dans la sphère des incontournables de la création moderne. Une évidence qui s’impose aujourd’hui quand on voit les records atteints par des dessins de créateurs de bd en salles des ventes.

Poète d’un impossible romantisme prit au piège d’une réalité devenue invivable, Bilal nous mène aux confins d’une société agonisante où l’on retrouve l’existentialisme de Sartre nimbé de l’absurdité bureaucratique chère à Kafka.

Sur le plan graphique, c’est aussi dans la veine existentialiste que le travail de Bilal nous entraîne. Avec son trait noir, acéré comme un scalpel, son amour de l’architecture, ses personnages aux formes longilignes, Bilal n’est pas sans rappeler Bernard Buffet, ou parmi ses contemporains, Vladimir Velickovic, natif comme lui de Belgrade.

Enfin on ne peut évoquer le travail réalisé par Enki Bilal, notamment sur sa célèbre « Trilogie de Nikopol » sans faire référence à un autre art qui lui tient à coeur : le cinéma.

Entre le futur surréaliste de Terry Gilliam avec Brazil et le désespoir de Philip K Dick mis en images par Ridley Scott au début des années 80 dans Blade Runner, c’est tout un pan de notre culture actuelle qui se trouve mise en mots et en images depuis les années 70, par ce génie créateur touche à tout, qui aujourd’hui réalise des films, mais aussi conçoit les décors d’un opéra...

Et comme bien des grands créateurs avant lui, c’est entre mythe et réalité, entre l’homme confronté aux forces divines et des Dieux descendus de l’Olympe pour enfin « éprouver » que navigue Bilal, artiste majeur, rêveur et visionnaire qu’il est grand temps de (re)découvrir.

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