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mardi 14 septembre 2010
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Le mystère s’épaissit. Les enquêteurs n’ont toujours aucune piste dans l’affaire de la disparition des trois bijoux, estimés à 70 000 euros, qui se trouvaient dans les réserves du musée des Arts premiers, à Paris. Vol ou égarement ? La police ne sait plus où donner de la tête.
Les milieux de passionnées d’art de la capitale en restent perplexes : On est toujours sans nouvelles dans l’affaire des œuvres d’art disparues au Quai Branly. Une plainte avait en effet été déposée le 10 septembre dernier par la direction du musée dédié aux arts premiers, le bâtiment aux « murs végétaux » conçu par Jean Nouvel à proximité de la tour Eiffel. Elle concerne la « disparition » de trois petits bijoux africains. Selon une porte-parole du musée qui s’est exprimée le 13 septembre, ce n’est qu’au bout d’un mois de vaines recherches que la direction du Quai Branly s’en est remis à la PJ parisienne. Deux des objets valent 20 000 euros chacun et le troisième 30 000 euros.
Tous trois sont en or, mesurant quelques centimètres (neuf centimètres pour le plus grand), et représentent des masques des ethnies Adioukrou et Baoulé. Ils avaient été entreposés l’hiver dernier dans les réserves ultra sécurisées du musée, au sous-sol, où 280 000 autres pièces sont stockées. C’est là dans un chariot grillagé fermé à clé que ces bijoux seraient, pensait-on, en sécurité. Le public avait encore pu les admirer au cours d’une exposition à la fin du mois de décembre 2009. Ce n’est qu’au cours d’un inventaire, réalisé au début du mois d’août, que leur disparition a été constatée. Aucune trace d’effraction n’a été révélée, et les clé n’auraient pas été dérobées.
L’accès aux objets, qui ne pouvait se faire que par une seule porte, était gardé en journée par un vigile, et seul le personnel muni d’un badge (une cinquantaine d’employés) pouvait y entrer, après avoir traversé plusieurs sas. L’alarme et la vidéosurveillance n’auraient connu aucun raté. Un enquêteur de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), venu renforcer les effectifs de la BRB, en reste sans voix : « Je me demande si ces objets n’ont pas été dérobés sur commande ». Le quotidien Le Parisien, lui, émet l’hypothèse selon laquelle les pièces se trouveraient encore dans l’enceinte du musée, s’appuyant sur une source interne au Quai Branly : « Ne s’agirait-il pas tout simplement d’un problème de rangement dans les réserves ? ».
Au musée on admet qu’il n’est pas totalement impossible que « les objets ont pu être déplacés sans être scannés. Dans ce cas ils seraient simplement perdus dans les sous-sol du Quai Branly ». L’enquête suit son cours. S’il s’agit bien d’un vol, le Musée du Quai Branly aurait été la nouvelle victime de malfaiteurs ciblant de manière de plus en plus récurrente les hauts lieux artistiques de la capitale. En mai dernier cinq toiles de grands maîtres, dont un Picasso et un Matisse, avaient été volés au Musée d’Art Moderne de Paris, et en juin 2009 un carnet de dessins de Picasso avait été dérobé au musée Picasso de l’hôtel Salé.