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Cesaria Evora, elle chante encore dans nos cœurs

lundi 2 janvier 2012

Article rédigé par Clémentitine


L’année 2011 a compté le décès de nombre de personnalités. L’une d’entre elles en particulier nous manquera. Elle avait popularisé la musique de l’archipel du cap-vert. Morte à l’âge de 70 ans, Cesaria Evora a eu un parcours exceptionnel, porté par une voix qui ne l’est pas moins.

La rubrique « Musique du monde » ne peut plus compter sans la musique de cet archipel de dix petites îles situées à l’ouest du Sénégal et de la Mauritanie. La popularisation de cette musique, nous la devons à la grande Cesaria Evora, morte le 17 décembre, trois mois seulement après avoir mis fin à sa carrière. 

Adieu prémonitoire sans doute, comme une mort symbolique précédant le décès de la chanteuse. Elle a consacré sa vie à la musique et il paraît logique qu’en renonçant à monter sur scène, elle fasse aussi, d’une certaine manière, ses adieux à ce qui a motivé son existence. 
 
Ces vingt dernières années ont consacré son succès, mais Cesaria Evora n’a jamais couru après la gloire. Si elle chantait, c’était par plaisir et par passion. Une fois célèbre, elle est restée fidèle à sa ville, Mindelo, sur l’île de Sao Vincente, où elle avait vu le jour le 27 août 1941.
 
Issue d’un milieu très modeste, C’est sa mère, cuisinière qui l’a élevée jusqu’à ce qu’elle soit placée en orphelinat au décès de son père, à peine âgée de 7 ans. Ce dernier, guitariste et violoniste occasionnel, lui a transmis l’amour de la musique traditionnelle du Cap-Vert, la morna. Ce chant plaintif, Cousin du blues américain comme du fado portugais, était porté par le compositeur B. Leza, parent du père de Cesaria. Il meurt en 1958, et c’est seulement à cette date que Cesaria Evora commence véritablement sa carrière de chanteuse. 
 
Mère d’un enfant, elle rencontre Euardo, un guitariste portugais qui lui en donne un second un deuxième enfant et qui sera pour un temps son partenaire musical dans les bals populaires. Le public est très vite fasciné par le ton lancinant de cette jeune femme. Elle chante dans des bars et la rémunération est maigre, se résumant souvent à quelques verres de whisky et de cognac.
 
Eduardo la quitte. Elle fait alors la connaissance de son mentor en Ti Boy (Gregorio Gonçalves), de vingt ans son aîné, qui lui fournit un répertoire original. Découvreur de talents et compositeur reconnu, il lui redonne confiance et lui permet de croire en un meilleur avenir dans la musique. Elle enregistre ses premières chansons au milieu des années 1960, pour la radio Barlavento. Deux 45-tours voient le jour, mais sa vie ne s’en trouve pas modifiée pour autant. Elle vit toujours avec sa mère, élevant ses enfants dans des conditions plus que modestes tandis que sa réputation grandit au sein de l’archipel.
 
Cependant, la morna, considérée comme une musique coloniales, est condamnée par le régime de Castro et les musiciens de son cubain traditionnel sont invités à cesser d’en jouer. Cesaria Evora se tait pendant dix ans. Elle remonte sur scène à l’occasion des célébrations liées à la première décennie de l’indépendance du Cap-Vert, le 8 mars 1985. Deux ans après, elle enregistre son premier album solo et donne quelques concerts aux États-Unis. Cesaria Evora interprète souvent ses chansons devant le public en état d’ébriété et l’absence d’entourage professionnel solide limite ses possibilités de carrière.
 
Intervient alors José Da Silva. Natif du Cap-Vert, exilé en France, cet agent de la SNCF décide de venir en aide à la chanteuse après l’avoir entendu chanter à Lisbonne. Mais il a du mal à convaincre les multinationales du disque, qui s’arrêtent au physique de la chanteuse, pas assez avantageux.
 
François Post, du label Celluloïd, sera celui qui permettra à la chanteuse de véritablement connaître le succès. Sa carrière explose d’abord à Angoulême, puis au New Morning de Paris en juin 1991. Le Théâtre de la Ville la consacre lui apporte la gloire définitive en décembre 1992. 
 
Malgré tout, elle ne cessera de chanter les pieds nus sur les plus prestigieuses scènes mondiales. Ses colères sont légendaires et sa timidité complique parfois les interviews. Sa mort ne signe pas son silence, car da voix plaintive ne cessera d’être admirée par les plus mélancoliques d’entre nous.
Cesaria Evora
Tags : Musique

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  • Cesaria Evora, elle chante encore dans nos cœurs

    jean-paul pépin (xxx.xxx.xxx.138) le 3 janvier 2012 à 20h25

    Césaria nous a laissé un héritage sans prix. Sa voix suave coulait comme la sève dans nos érables au Québec. C’était la voix d’un ange abandonné sur cette terre de roc infertile du Cap Vert. Je vais écouter tes chansons le reste de mes jours ma chère Césaria.

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