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mardi 6 décembre 2011
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L’année des enchères asiatiques 2011 s’est achevée la semaine dernière avec l’annonce d’un record de ventes chez Christie’s, totalisant 7,04 milliards de dollars Hong Kong (676 millions d’euros) pour améliorer de 25 pour-cent son résultat 2010. Sotheby’s a alors surenchérit le tout, annonçant son résultat de 7,8 milliards de dollars Hong Kong (749 millions d’euros), un record pour la ville au grand port et une revanche sur la domination de son grand rival.
Les gros chiffres ne cachaient cependant la grande tendance de la dernière semaine de ventes, celle d’un marché chinois ralentissant. Ce trajectoire était déjà évident chez Sotheby’s en octobre et auprès des maisons d’enchères pékinoises le mois dernier - et la Chine s’éloigne alors bien d’un printemps d’enchères ensoleillées.
Les mois de turbulence économique globale se sont ajouté à un resserrement du crédit qui, après 18 mois de contraction, ont eu leur effet désiré sur un marché immobilier hors de contrôle. Les collectionneurs et autres acheteurs art ne sont alors plus d’humeur à spéculer et les choix se veulent prudents et mesurés. Le marché n’était cependant pas entièrement morose : l’art de l’Asie du Sud-Est continuait en force et le grand luxe - notamment les diamants - ont peu perdu.
ARTINFO vous offre alors quatre tendances à la clé des nouvelles réalités du marché de l’art chinois.
Le marché chinois à grandi vite - très vite..
Les résultats d’enchères globaux et l’engouement parfois fiévreux cette année avaient donné l’impression que le marché n’avait aucune limite. Mais les acheteurs continentaux ont fait leur distinctions. Face à des pièces exceptionnelles - comme ce vase qui a fait record pour la porcelaine Ming en octobre dernier - les batailles étaient féroces, mais les œuvres moins importantes ont du subir des baisses de prix. Chez Christie’s, la semaine dernière, de nombreux lots de porcelaine et d’œuvres ont été adjugés en dessous de leurs estimations basses - et Pola Antebi, responsable de la céramique chinoise et des œuvres d’art de la maison, a confirmé que Christie’s avait vu la tendance et suggéré aux vendeurs d’établir leurs prix de réserves 10 à 20 pour-cent en-dessous de ces estimations. La vente à vu bon nombre de gros lots invendus - mais la stratégie a assuré la vente d’autres pièces, dont un superbe vase de l’ère Kangxi de la dynastie Qing, adjugé à 10 millions de dollars Hong Kong (960 000 euros), sur une estimation basse de 15 millions de dollars Hong Kong. Un meiping impérial Qianlong a ensuit surpassé sont estimation haute de 30 millions de dollars Hong Kong pour atteindre 46,58 millions de dollars (4,47 millions d’euros). Des enchérisseurs de Taïwan, de Hong Kong, de l’Occident et de la Chine continentale ont livré bataille - et c’est un de ces derniers qui l’a emporté.
La provenance fait la grande différence
Ce n’est guère surprenant qu’une bonne provenance ajoute de la valeur - et Sotheby’s en a bien profité, ayant assuré les ventes d’œuvres de la collection Meiyintang de porcelaine chinoise et de la collection Ullens d’art contemporain chinois. Les premières tranches ont été offerts lors d’un printemps déjà favorable et les résultats étaient étincelants, particulièrement pour la vente Ullens. La provenance s’est avérée d’autant plus décisive pour les deuxièmes tranches automnales. Sotheby’s a alors réussi un total record de 21,6 millions de dollars (16,1 millions d’euros) et la collection Ullens a gardé sa force dans un marché chinois déjà bien mou.
Comparons cela avec les exploits de Christie’s qui a souffert, surtout dans le contemporain chinois. La vente vedette « Faces of New China » s’est avérée un flop sous le poids d’estimations trop agressives et l’ennui de revoir des œuvres bien habituelles des salles de ventes. Parmi les 14 lots de cette vente d’une collection unique, six sont restés invendus (l’un d’eux a toutefois trouvé preneur après la vente).
Un Château Lafite n’est alors qu’un vin comme les autres..
Le mythe accompagnant le Château Lafite sur le marché chinois semblait éternel - jusqu’à récemment. En octobre dernier, la responsable internationale pour les vins chez Sotheby’s, Serena Sutcliffe, a été surprise de voir du Lafite invendu - et la semaine dernière, son homologue chez Christie’s a aussi été ainsi peiné. « J’avais espéré mieux », a-t-il déclaré à Reuters. « Je savais que le Lafite avait ses points faibles mais je ne m’était pas rendu compte que le problème était aussi profond ». Effectivement, les acheteurs chinois avertis - et maintenant plus soucieux de leurs dépenses - ont pris la position que le Lafite n’est que marchandise, et trop chère, en plus. Ils se sont alors tourné vers les Bourgognes - et une vende de tels à rapporté 112,7 millions de dollars Hong Kong (10,8 millions d’euros) à la maison de ventes Acker Merrall & Condit, spécialiste du vin, le mois dernier à Hong Kong.
Les diamants sont les amis de la Maison - et les belles montres sont agréables, elles aussi..
Le secteur luxe a bien aidé Christie’s et Sotheby’s cette saison, restant solide dans un marché autrement difficile. Au sommet, les maisons ont toutes les deux réussi des record mondiaux pour les diamants. En octobre, Sotheby’s a assuré le meilleur prix du carat pour un diamant bleu et un diamant orange, tous deux « Fancy Vivid » - et la semaine dernière, Christie’s à adjugé une paire de diamants parfaitement ronds, de 71,38 cts, pour 16,4 millions de dollars (12,24 millions d’euros), un record pour les diamants sans couleur.
Christie’s a aussi assuré la meilleure ventes de montres en Asie cette année, totalisant 140,9 millions de dollars Hong Kong (13,5 millions d’euros). Et François Curiel, président de Christie’s pour l’Asie n’hésitait pas a affirmer l’importance du luxe pendant une saison difficile. Il présidera d’ailleurs sur la vente prochaine des joyaux d’Elizabeth Taylor à New York - et semblait confiant que même dans un marché qui a un peu perdu son élan, de tels trésors trouveraient acquéreurs.
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