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jeudi 14 avril 2011
Article rédigé par
Rob Pruitt dévoile son nouveau monument hommage au grand du Pop Art.
NEW YORK — Rob Pruitt a de quoi créer une mémoire de lui. En 1998, le Pop artiste avait présenté une ligne de coke s’étalant sur presque 5 mètres de miroir, invitant les spectateurs à bien sniffer. Mûr d’une carrière de plus de 20 ans, Pruitt a aussi lancé les Guggenheim Art Awards, une satire qui attire toutefois les plus grosses pointures du monde de l’art.
L’artiste s’est récemment tourné vers le maître du Pop Art, dévoilant une statue de Andy Warhol, son « Andy Monument », devant le bâtiment qui abritait la seconde incarnation de la célèbre Factory, grand lieu de création pour Warhol, ou Valerie Solanas avait d’ailleurs tenté de l’assassiner en 1968. La statue de 2m13 avec une finition en chrome, commandée par le Public Art Fund, restera au 33 Union Square West jusqu’au 2 octobre. L’œuvre montre Warhol comme on le voyait beaucoup pendant les années qui ont suivi l’attaque de Solanas : en veste et cravate, avec des lunettes, sa perruque iconique, une caméra Polaroïd autour du cou, portant un sac de Bloomingdale’s, rempli de magazines Interview.
Rob Pruitt a décrit l’œuvre comme une sorte de Statue de la Liberté.
Pourquoi avez-vous voulu commémorer Andy Warhol de cette manière ?
J’aime l’art publique quand il a une fonction, autre que celle d’être joli. La première fois que j’ai visité le cimetière du Père Lachaise, à Paris, j’étais envouté par la tombe de Oscar Wilde : toutes les signatures et les objets, des poèmes et des fleurs, qui y ont été laissées. C’est tellement utile d’avoir un tel endroit, auquel on peut faire le pèlerinage et rendre hommage a une personne dans la vie d’un groupé de gens, ou même d’un culte de gens.
Quand Warhol est mort, il a été enterré à Pittsburgh. Le musée et la fondation étaient aussi à Pittsburgh et il manquait quelque chose. Il a vécu à New York et c’est cette ville qui était le sujet de ses créations. C’est alors une question de redresser un tort et de offrir quelque chose que je pense est nécessaire. Beaucoup de gens débarquent toujours à New York pour tenter leur chance et même s’il est mort depuis des années, je sens que Warhol à toujours une rôle dans cela. Il est le parrain de la scène « downtown » et de l’art contemporain en général. Même les gens qui ne connaissent pas bien l’art contemporain, peut-être même pas une figure importante comme Jeff Koons, peuvent s’associer avec Warhol et avec New York.
Quel rôle Warhol a-t-il joué dans votre histoire personnelle ?
J’ai déménage à New York au milieu des années 1980 et à l’époque, Warhol était toujours vivant. Je suis même allé chercher du travail à son studio, de manière très audacieuse. Je n’ai même pas songé si ce serait facile out difficile. La seule pensée qui occupait mon cerveau était que ça pourrait être un lieu ou je trouverai un job à mi-temps.
Que s’est il alors passé à la Factory ?
J’étais la avec un ami mais je ne vous dirais que ce qui m’est arrivé. J’ai été conduit au bureau de Andy, probablement parce que je paraissait comme un jeune gosse sympa et pas menaçant du tout. Il m’a demande de me présenter un peu et je lui ai dit que j’était étudiant à Parsons (New School for Design, ndlr), et que j’aimait beaucoup son art. Il m’a demandé si j’avais de l’expérience professionnelle et j’ai répondu que j’avais eu un job - au Häagen-Dazs de Georgetown, à Washington D.C., d’ou je suis. Sans se lever de son fauteuils, il a crié vers le bureau voisin, qui était celui de Brigid Berlin : « Hé Brigid, j’interviewe ce gus qui pourrait peut-être travailler ici, et il a bossé chez Häagen-Dazs - il dit qui peut nous avoir toute la crème glacée qui nous voudrons ». Je ne lui avais bien entendu jamais parlé de glace, il l’avait inventé. J’ai entendu le rire de Brigid et elle a répondu « Embauche-le ».
J’avais alors un emploi mas pas de salaire, et je recevais pas vraiment d’argent de mes parents. En rétrospective, j’ai probablement fait une connerie. J’aurais du prendre le job et puis en prendre un autre, payant celui-là. Mais j’étais un peu trop pratique et j’ai décliné l’offre. J’avais 19 ans, ou quelque chose comme ça, et je ne pensait pas que ce serait une grande opportunité. Je cherchait juste un boulot.
Quel est la place de cette nouvelle statue de Andy Warhol dans votre parcours, votre carrière à New York ?
C’est très excitant d’être invité à créer une œuvre d’art publique pour la ville de New York. C’est une expérience pour moi, mais je ne voudrais pas que cela me coince. Je suis toujours un peu irrité quand les gens me considèrent comme un Pop artiste d’aujourd’hui. Le Pop Art, pour moi, appartient aux années 1960 et je ne comprends pas exactement ce que ça voudrait dire d’être un Pop artiste maintenant. Je ne crée pas des objets qui correspondent aux œuvres des sixties. Je vit ma vie en 2011, je fais de l’art et du commentaire sur les choses qui sont pertinentes aujourd’hui.
Quels ont été vos références pour la conception de la sculpture ?
Elle est basée sur les monuments classiques qu’on trouve dans les parcs. Le chrome reflétera les entourages et si vous vous approchez, vous y serez aussi. La base est en béton, un produit industriel, au lieu de marbre ou de granite. La silhouette parait plutôt classique, c’est juste les matériaux qui sont plus contemporains.
Warhol a cultivé beaucoup d’images pendant sa vie. Comment avez-vous choisi votre manière de le dépeigner ?
Il y a le Warhol des 1960s, plutôt cool : vestes en cuir et lunettes noires, comme s’il tentait de ressembler à l’une de ses superstars. Mais ce n’est pas le Warhol avec lequel je m’identifie. Je pense qu’il est devenu plus vulnérable après avoir été abattu. Il était toujours un icône.
Vous avez aussi donné à la statue ce sac Bloomingdale’s, plein de magazines Interview, un vrai détail d’époque..
Il était bien connu qu’il donnait des numéros de Interview, et des bonbons, aux gens. Le sac était servait aussi de dépôt, pour transporter tous les trucs que les gens donnaient à ce collectionneur et consommateur invétéré.
Et la caméra ?
C’est un peu ma fantaisie. Tout ces portraits des années 1970 ont été faits avec une caméra Polaroïd. C’est un trait unique de Warhol, il a peut-être même approuvé Polaroïd, mais je n’en suis pas sur. J’avais pensé que certains qui passeront devant le monument ne sauraient pas qui était Andy Warhol - et la caméra signifie alors qu’il est artiste. C’est un instrument pour créer des images.

Rob Pruitt devant son monument Warhol
Le Gros Caillou (xxx.xxx.xxx.106) le 15 avril 2011 à 10h48
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L’art n’arrive plus à régénérer son propre fluide...
La citation de la citation, l’avant-garde marketing au service de l’oeuvre, la notoriété validée par les grandes marques "art contemporain label rouge" - faux polymorphisme ...
Le "gars artiste" - vit sa vie en 2011, il fait de l’art et du commentaire sur les choses qui sont pertinentes aujourd’hui(comme il dit) Il se délecte de sa parfaite adéquation au marché...
Épuisement du sujet par son recyclage consanguin aliéné au marché...
Désir absolu de devenir une Pop-star à l’image de l’icone adorée...
A l’image de notre époque, multiplication des objets et des images vides de sens qui rangent définitivement tout acte artistique dans un échange parfait entre des produits manufacturés à destination de consommateurs d’art savamment poussés à l’addiction.
Une PME artistique de plus...
Pitoyable
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