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mardi 9 mars 2010
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Le terrible hiver 54 n’était pas encore atteint, et l’Abbé Pierre venait à peine de fonder le mouvement Emmaüs pour tenter d’endiguer le phénomène des sans-abris. C’est dans ce contexte, en mars 1950, il y a 60 ans exactement, que les parisiens eurent les yeux rivés sur l’exposition des Arts ménagers, au Grand-Palais. C’est là que, pensait-on, la solution pour les mal-logés de la capitale se dressait : Un ingénieur, Jean Prouvé, y mettait à l’honneur ses maisons préfabriquées... un concept quasi révolutionnaire pour l’époque.
Afin de donner une dimension en hauteur pour les milliers de visiteurs du Salon des Arts ménagers, Jean Prouvé a surélevé sa maison préfabriquée, lui donnant presque une allure de maison bâtie sur pilotis en milieu aquatique. Elle pèse trois tonnes et s’étend sur 64 mètres carrés, et elle paraît plus grande encore lorsqu’on pénètre à l’intérieur. Deux chambres, un salon avec jardin d’hiver, une cuisine et une salle de bains y occupent l’espace, sans compter une belle sensation de baies vitrées. Et si besoin est, on peut agrandir la maison en y ajoutant des pièces.
L’ossature métallique du plancher repose sur des fondations en ciment, et la construction est composée d’une structure de tôles d’acier. L’aluminium, qui permet d’isoler les cloisons, constitue l’essentiel de la toiture, ainsi rendue exceptionnellement légère. A l’intérieur, pas de sensation de froid dans les deux sens du terme : les pièces sont revêtues de peinture cuite au four (!), quant à l’installation électrique et les sanitaires, ils sont eux aussi préfabriqués. Pour monter toute cette merveille (qui peut être transportée par camion), comptez simplement quatre ouvriers à l’oeuvre pendant en cinq jours. Et ce n’est pas tout : une version XXL du concept (d’une superficie de 260 mètres carrés) a été imaginée pour les colonies que la France possédait alors en Afrique. En février 1950, trois avions ont ainsi décollé de Paris pour transporter une maison entière qui sera "posée" au Niger.
Conçue pour durer une génération, la maison pourrait, pensait-on, durer des siècles grâce à un système de remplacement des pièces. Relativement bon marché, cette maison de l’ingénieur Prouvé à suscité un intérêt auprès des entreprises comme chez les particuliers. Mais le problème fit surface lorsque se posa la question de l’achat à crédit. Invariablement, les visiteurs du Grand-Palais se voyaient répondre que les banques ne prêtaient que pour des logements en pierre et non en aluminium. Vraiment dommage.
Florian Biessy (xxx.xxx.xxx.200) le 9 mars 2010 à 19h08
Pas mal cette idée. En tout cas ça aurait été sympa de voir ces constructions au Canal Saint-Martin (à la place ou à côtgé des tentes).
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Pierre de Vienne (xxx.xxx.xxx.99) le 9 mars 2010 à 19h45
Ce que vous ne dites pas c’est qu’en plus, ces maisons sont splendides, que chaque détail est pensé, soigné, que l’austérité des matériaux n’empêche pas un réel souci de faire beau.
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Lisa Sion (xxx.xxx.xxx.129) le 9 mars 2010 à 23h22
Les banques ne prêtent pas pour les sdf, ces insolvables et réservent le métal pour les armes et faire la guerre. Deux bonnes raisons pour ne pas régler le chronique problème des sdf.
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