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Orsay dans un nouvel écrin

lundi 31 octobre 2011

Article rédigé par ARTINFOfrance


Après une grève du personnel qui aura légèrement retardé la surprise, on peut découvrir, depuis hier, un Musée d’Orsay agrémenté de nouveaux espaces conséquents : cinq étages, se concluant par uneGalerie des Impressionnistes augmentée, revue et corrigée, dévoilant un grand nombre de découvertes.

 

Pour ses 25 ans, le musée a mené une campagne de relooking sans précédent depuis 1986. Architecture, éclairage, accrochage, rien n’a été laissé au hasard, pour continuer d’éblouir les quelques 3,5 millions de visiteurs attendus - Français ou étrangers, pour qui Orsay demeure une étape importante dans le parcours artistique parisien. La moitié de la surface muséale a été rénovée, plus de 1000 œuvres sur les 1850 exposées ont été raccrochées. Le chantier de 20,1 millions d’euros a été financé à 63% sur les fonds propres du musée, aux côtés de l’Etat (33%) et de la société Elior (4%).

Sur 2500 mètres carrés, le Pavillon Amont – le plus grand pari architectural de ce nouvel Orsay - est un ensemble d’espaces muséographiques parfaitement agencés, sur la base de locaux industriels typiques de cette ancienne gare. Dorénavant, des escalators permettent d’accéder aux hauteurs du musée, en donnant la sensation de pouvoir quasiment toucher du doigt la grande verrière d’Orsay, tout en jouissant d’un vertigineuse vue sur la galerie des sculptures, centrale.

A chaque étape de cette montée vers le 5ème ciel (la Galerie des Impressionnistes), Dominique Brard et l’Atelier de l’Île ont conçu des espaces baignés d’une lumière naturelle et tapissés de grands panneaux aux couleurs profondes et mates. Le musée a peu à peu abandonné les grands panneaux blancs, un modèle hérité du MoMA,pour revenir au principe du mur coloré, en adaptant les teintes à chaque univers pictural, même au sein des Impressionnistes. En effet, selon Guy Cogeval, président d’Orsay, « un tableau de Courbet ou une toile de Manet exigent d’autres fonds que la peinture impressionniste à la fois plus claire et plus cursive. Par ailleurs, les cadres dorés, notamment les cadres propres à la peinture de Salon, retrouvent leur fonction visuelle et valorisante sur les fonds de couleurs ».

Au rez de chaussée, l’Atelier du Peintre de Courbet, ou encore L’hallali du Cerf déploient leurs grands formats de façon spectaculaire. Sur les niveaux 2, 3 et 4, ce sont les arts décoratifs du début du siècles qui sont à l’honneur, mis en relation avec l’œuvre des Nabis (Vuillard, Bonnard et Denis) par une passerelle permettant de faire des va-et-vient entre mobilier, décors Art Nouveau et peintures. L’occasion de redécouvrir l’influence des Arts and Crafts anglais sur l’esthétique décorative des années 1900.

Au dernier étage, avant de pénétrer dans la galerie de Impressionnistes, on pourra faire escale dans un espace totalement nu, laissant la vedette à l’une des monumentales horloges de l’ancienne gare. Dans un design laissant apparaître les structures métalliques de l’édifice et aménageant de larges espaces vitrés, on pourra également admirer un panorama unique sur Paris. Avant de redécouvrir une des plus riches collections impressionnistes du monde.

La scénographie joue une fois de plus la carte de la surprise. Sous un éclairage mi-naturel mi-artificiel, modulable en fonction de la clarté du jour (une longue verrière dominant l’ensemble des salles), a instauré un dialogue entre les murs colorés et les vitrines. Ainsi, dans la salle consacrée aux fameuses ballerines deDegas, des bronzes délicatement mis en scène derrière des cloisons de verres, viennent donner un mouvement inédit aux toiles exposées. Seule dans son écrin, La Petite danseuse de quatorze ans donne la réplique à dix études de danseuses plus charnelles, regroupées dans deux autres vitrines.

A l’entrée de la Galerie, Monet côtoie d’emblée Henri Fantin Latour, un nom moins connu, dont l’Atelier aux Batignolles de 1870 tire pourtant les portraits de Manet, ZolaRenoir et Monet. Dans la série des œuvres impressionnistes impressionnantes, on remarquera un grand format du même Monet, plus atypique, représentant une troupe de dindons, dans une myriade de petites touches de pinceaux aux coloris vifs. Plus loin, le nouvel accrochage fait communiquer les œuvres de Sisley et de Monet, toujours, pour donner à voir un ensemble de toiles à part, aux tons plus diaphanes, représentant des paysages glacés ou des scène de tempêtes maritimes.

Le rythme de la scénographie, alternant petits et moyens formats, fait apparaître les très célèbres Pommes deCézanne dans un coin, pour focaliser l’attention sur un voluptueux bouquet de Chrysanthèmes de Monet. Voluptueuses également, les femmes alanguies peintes par Renoir, qui occupent quasiment tout un panneau. Tout au long du parcours d’exposition, l’architecture 1900 revisitée par Willmotte est elle-même propulsée au XXIème siècle, avec des bancs de verre aux formes organiques, les « Water Blocks » conçus par le japonaisTokujin Yoshioka. Quoi de mieux que de s’asseoir tranquillement sur l’un d’entre eux pour contempler le bassin des Nymphéas ?

Pour terminer le parcours en beauté, le visiteur est invité à profiter du Café des Hauteurs, hommage des frères Campana à Émile Gallé, pionnier de l’Art Nouveau passionné de minéralogie, d’apports décoratifs marins et de couleurs saturées. Dans ce cadre post industriel, Fernando et Humberto Campana ont apporté leur goût, inspiré par les formes naturelles, et jouant des contrastes de couleurs et de matériaux. Dans un chaos organisé, ils proposent de se relaxer au milieu de fils de métal tordus acidulés, d’éclats d’acrylique et de lames d’alu doré. Ces fils tordus sont en fait des canapés, tandis que l’alu doré se décline en 180 lampes-cloches, baignant le café d’un rayonnement futuriste. La conclusion d’un voyage en apesanteur, entre la modernité du début du siècle et la nôtre.

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  • Orsay dans un nouvel écrin

    Lemuel (xxx.xxx.xxx.40) le 3 novembre 2012 à 03h27

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