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jeudi 2 avril 2009
La série des "sculptures abstraites" de Simon Madeleine mêle à la fois un travail de sculpture, de photographie et de peinture. En représentant des sculptures dans ses peintures, il propose une mise en abîme de l’artefact. Est-ce de l’art figuratif ? Est-ce de l’art abstrait ? Ces œuvres nous posent le problème de l’original et de sa copie, du prototype et de l’objet fini.
Peindre sous le plexiglas donne un fini industriel et une préciosité froide qui élimine toute matérialité et accentue la proximité avec la photo. Est-on face au réalisme supposé de la photographie ou à l’imaginaire par la peinture ?
Dans ce redoublement de l’artificiel et dans l’ambiguïté complaisamment entretenue, on peut rapprocher cette série d’une certaine esthétique ”décadente” du 19è siècle. Ainsi dans le roman A Rebours de Joris-Karl Huysmans, le personnage principal est un esthète qui décide de s’isoler à Fontenay pour fuir un monde trop matérialiste et vulgaire et se construire un enclos idéal, une sorte d’Éden artistique, où règne l’artifice.



