| Accueil du site | L'île Moustique | Bora Bora | Les Seychelles | Gstaad | mercredi 19 juin 2013 03:24 | |
| Wed 21:24 | Wed 15:24 | Thu 05:24 | Thu 03:24 | Thursday 20 June 2013 03:24 |
mardi 30 novembre 2010
Article rédigé par
Mino est un festival parisien entièrement consacré à la création musicale jeune public. Cela fait huit ans que les Jeunesses Musicales de France organisent cette manifestation qui a débuté le 29 novembre et se terminera le 7 décembre à l’Espace Cardin (le programme complet est ici).
C’est l’occasion pour les petits à partir de 3 ans (et pour les adultes qui les accompagnent ) d’apprécier ce qui se fait de mieux dans un domaine hélas ignoré des médias. Avec 12 artistes et 23 représentations cette édition, comme les précédentes, aborde différents genres comme le conte, la fantaisie lyrique, les musiques du monde et bien sûr la chanson, le tout dans une double démarche de création et de défense du patrimoine.
En 2008 Jacques Haurogné (qui est aussi l’un des deux programmateurs de Mino) y présentait un spectacle autour d’Henri Salvador et, en 2009, les spectateurs ont pu découvrir les chansons de Nino Ferrer à travers le superbe J’avais pas vu Mirza, du trio composé de Laurent Madiot, Tom Poisson et Benoît Simon.
Cette année, Mino invite Graeme Allwright. Le chanteur bourlingueur, éternel jeune homme de 84 ans interprètera ses classiques de sa belle et envoûtante voix grave.
Graeme Allwright... ce nom ne vous dit rien ? Pourtant vous n’avez sûrement pas oublié que jadis vous fredonniez « Petites boîtes », « Petit garçon », « Qu’as-tu appris à l’école ? », « Jolie bouteille, sacrée bouteille », « Il faut que je m’en aille » ou « Emmène-moi » autour du feu de camp.
Vous ignorez peut-être que derrière ces "tubes" se cache un Néo Zélandais débarqué en France au début des années 50 qui commence par se frotter au théâtre lorsqu’il arrive en Europe.
Au milieu des années 60, il adapte en français des chansons de Tom Paxton, Woodie Guthrie, Bob Dylan ou Leonard Cohen, la crème du folk song nord américain, tout en composant ses propres couplets. « Au début, quand j’ai commencé, je ne chantais qu’en anglais quelques chansons contestataires que j’avais adaptées comme Jusqu’à la ceinture qui est antimilitariste ou La Ligne Holworth ou Blowing the wind, des chansons qui restent toujours d’actualité. »
Il enregistre son premier disque grâce à Mouloudji. Puis la firme internationale Phonogram lui propose de signer un contrat et, comme par magie, Graeme Allwright, sans l’aide d’aucun média, remplit les salles.
A l’instar d’Hugues Auffray, il reprend des classiques de la chanson populaire américaine, mais contrairement au créateur de Santiano, il n’a jamais édulcoré ses adaptations. Ses ritournelles faussement naïves sont en fait autant de pamphlets et d’hymnes à la liberté. C’est sans doute pourquoi on peut les écouter à tout âge, on y découvre toujours quelque chose à glaner.
Dernier représentant de cette génération de chanteurs qui n’hésitaient pas à soutenir les grévistes de chez Lip, les paysans du Larzac ou les anti-nucléaires, il demeure un cas à part, une sorte d’éternel chanteur contestataire.
Frotté de spiritualité et sensible à la cause écologiste depuis de nombreuses années, il dénonce les méfaits de la croissance, de l’atome, de la consommation à outrance. « Je suis très touché quand j’entends tellement de gens qui me disent vous avez bercé mon enfance, cela me donne des responsabilités aussi », explique ce vieux sage chantant qui malgré les défis auxquels l’homme est confronté, se dit foncièrement optimiste « parce que, souligne t-il, je crois à la mutation de l’homme, je crois qu’il n’y a pas d’autres solutions que par la voie spirituelle. Si je n’avais pas cette croyance-là, je serais désespéré. »
Constamment en marge du show business, il a toujours mené sa carrière comme il l’entendait. Après ses premiers disques, alors que le succès est au rendez-vous, il décide de prendre la route : Egypte, Ethiopie, Harar, sur les traces de Rimbaud. Ce n’est pas une fuite, mais au contraire la volonté de garder contact avec cette réalité tellement éloignée des préoccupations de l’industrie musicale.
Quand il revient à Paris, son public l’attend et il repart pour des séries de disques et de concerts. Cela fait des décennies que ça dure ! Accompagné par deux excellents musiciens malgaches, le guitariste Erik Manana et le contrebassiste Dina Rakotomanga, il semble, tel Bob Dylan, ne jamais finir de parcourir le monde prêchant la bonne parole (et musique).
Le 1er décembre, devant des enfants à partir de 7 ans, il interprétera ses grands classiques populaire, des couplets et refrains qui ressemblent à des comptines naïves telles ces petites boites "très étroites" dans lesquelles on nous enferme dès notre plus jeune âge, ou encore Qu’as-tu appris à l’école, cet hymne ironique à la désobéissance :
"J’ai appris que la guerre n’est pas si mal
Qu’il y a des grandes et des spéciales
Qu’on s’bat souvent pour son pays
Et p’t’être j’aurais ma chance aussi
C’est ça qu’on m’a dit à l’école, Papa
C’est ça qu’on m’a dit à l’école"
Graeme Allwright interprètera un autre classique devant les enfants, sa propre Marseillaise, une version symbolique en ces temps de crispation identitaire.
Demandez donc à ce Néo Zélandais bourlingueur grand-père de petits-enfants français ce qu’il pense de cet hymne guerrier, vous le verrez réagir : « On comprend très bien dans quel contexte ces paroles ont été écrites. La France était cernée par tous les pays européens qui voyaient d’un très mauvais œil ce qui se passait ici. C’était en 1792, pendant la Terreur. Mais continuer maintenant, à notre époque à chanter un chant de guerre… J’ai écrit à Sarkozy. Quelqu’un de son cabinet m’a répondu en langage diplomatique : « vous savez que la Marseillaise est connue dans le monde entier pour la libération des peuples. »
C’est vrai que la musique est connue dans le monde entier, mais pas les paroles, sauf par ceux qui comprennent le français, une petite minorité par rapport à la population mondiale. Si la libération des peuples ne peut se faire que par la guerre, c’est dommage ! »
Graeme Allwright est un combattant pacifique. Ses seules armes sont sa guitare, ses paroles et ses mélodies inoubliables.
Nul doute qu’elles continueront à cheminer dans la tête des enfants, même devenus grands depuis longtemps.
Crédit photo : Iannis Pledel
leïla (xxx.xxx.xxx.116) le 11 février 2011 à 22h30
La Marseillaise de Pierre Ménager Un site exceptionnel à découvrir Enfin une proposition fidèle au message historique de notre hymne. Plus de sang impur, mais vigilance contre la Tyrannie maintenue. Dans les temps qui courent, c’est bien. Merci Pierre Ménager. Pour les curieux :
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus
Jandutt07 (xxx.xxx.xxx.222) le 15 février 2011 à 01h43
Merci pour cet article. Graeme Allwright le vaut bien.
Graeme Allwright, Tom Paxton (What did you learn in school today ?, Bottle of Wine, The marvelous toy), Malvina Reynolds (Little Boxes, What Have They Done to The Rain), Bob Dylan, Woody Guthrie, Leonard Cohen, sans oublier Pete Seeger (qui a un parcours semblable et encore plus caractéristique que le sien). Voilà des noms qui me font vibrer de plaisir, qui respirent l’intelligence, le courage, la poésie, la mélodie, l’humanité. J’ai 60 ans, et toute mon adolescence a été bercé par eux.
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus
arpontar (xxx.xxx.xxx.78) le 21 février 2011 à 18h24
graeme a toujours chanté...notre degout..pour la finance internationale...les marchands d’armes...mais nos gouvernants "de passage" ont dépassé les bornes....
après l’afrique du nord ou il y avait fort a faire...nous devons rendre l’europe propre...plus d’avocats d’affaire ministres .(.la moitié des ministres de la "sarkozie" en ait..)meme MAm etrangère a...aucune affaire...elle a aussi confondu ...affaires (fric) avec affaires( étrangères) UNE TAXE TOBIN DE 10ù sur l immobilier locatif surtout sur les logements a peine salubres..... ARPONTAR
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus
JOS (xxx.xxx.xxx.188) le 11 juin 2011 à 17h42
UNE DES PLUS BELLES CHANSONS DE GRAEME EST "DE PASSAGE" malgré leus conflits d’intérets....leur corruprion...leurs viols...leur pédophilie
LES POLITICARDS SONT " DE PASSAGE".....ESPERONS QUE COMME EN AFRIQUE DU NORD LES JEUNES INDIGNéS LES FERONT DEGAGER...AVANT QU ILS VIVENT CENTENAIRES ET....TRES RICHES COMME DSK....OU SARKO...OU MAM....OU LAGARDE
LE PLUS GRAVE C EST QUE CES LASCARS PEUVENT SE REPRODUIRE...ET FAIRE HOMMES POLITIQUES DE PERE EN FILS.....
TOUSENSEMBLE
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus
gasparini (xxx.xxx.xxx.111) le 31 août 2012 à 13h24
connaissez vous une date de concert
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus
Evenstroudette (xxx.xxx.xxx.151) le 9 septembre 2012 à 17h59
C’est frais, c’est vrai et c’est beau...Voici ce que l’on peut dire du chef d’orchestre qu’est Graeme !
Bigo qui aime les jeux de guerre gratuit.
Réagir à l'article | Répondre à ce message | Signaler un abus