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mardi 18 août 2009
Article rédigé par
Après « Paris-Brest » de Tanguy Viel (sélectionné dans la catégorie roman), c’est à la lecture du livre de la catégorie document que je me suis attelée (chaque sélection comprend un roman, un document, un policier) : « L’homme qui m’aimait tout bas » d’Eric Fottorino.
Le livre commence par ces mots : « Le 11 mars 2008 en fin de journée, dans un quartier nord de La Rochelle, mon père s’est tué d’un coup de carabine ». Une mort violente, brutale...même si cela frôle le pléonasme. Une mort en tout cas incompréhensible. L’occasion et la nécessité pour l’écrivain de revenir sur ses liens avec ce père qu’il aimait tant et qui « l’aimait tout bas », qui « préféra toujours le silence aux paroles », à ce père dont il s’est inspiré pour tant de ses personnages. Ecrire pour continuer à vivre. Malgré l’incompréhension. Atténuer la douleur incommensurable, perpétuelle, insoluble, la colère, la culpabilité si éprouvante. Une manière de ne pas le faire disparaître. Ce père adoptif qui lui donnera une identité en l’adoptant, à 9 ans.
Eric Fottorino, directeur du Monde et auteur depuis 1991, dresse ici le beau portrait d’un homme courageux, généreux, discret, secret même, charismatique, libre avant tout, et de son existence entre Nice et Tunis, des liens pudiques qu’ils ont tissés au fil des années, de leur passion commune pour le cyclisme, de leurs silences respectueux et empreints de tendresse. Le portrait du personnage qu’il était, qu’il devient à part entière, le rendant immortel par la magie, la douceur, le pouvoir des mots. Le faisant revivre ainsi un peu le temps de raviver les souvenirs. Le temps de s’adresser à lui parfois directement sans doute emporté par les mots et la colère de se heurter à un mur de silence éternel et de douleur insondable.
Une manière d’exprimer la colère contre cet insoluble silence et mystère, de partager, soulager un peu, cette mort, ce vide qu’un lieu, un geste, un nom rappellent quotidiennement, impitoyablement. En exergue la phrase de Montherlant évoque le poids de cette douleur « Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ».
Il a sans doute fallu beaucoup de douleur et de courage pour évoquer avec tant de sincérité et de pudeur un lien si personnel. Si personnel, intime, mais aussi si universel grâce au talent de son auteur qui, jamais, ne tombe dans le pathos et nous livre ici un témoignage d’amour, de douleur nostalgique et poignant en lequel quiconque a éprouvé la profondeur et la violence du chagrin vainement révolté face au deuil se reconnaîtra forcément, touché en plein coeur.
fredleborgne (xxx.xxx.xxx.138) le 19 août 2009 à 14h51
Le milieu de l’édition s’auto-promotionne encore. Bon, c’est vrai, on a le droit d’être directeur du monde et auteur.
"Elle" est un journal qui appartient au groupe Lagardère.
Le monde fait partie du groupe LMPA que Largardère contrôle à 17%.
On se demande pourquoi le livre parait chez Gallimard. Petite coquetterie ou service rendu à charge de réciprocité pour ne pas apparaitre trop visiblement à la fois juge et partie qui empoche.
Comme pour le cinéma ou la musique, la concurrence n’existe plus (est volontairement ignorée pour les artistes indépendants) et l’auto congratulation sous couvert de prix littéraire n’a plus qu’un but commercial.
J’espère au moins que les acheteurs ne seront pas trop déçus.
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Sandra Mézière. 13 fois jurée de Festivals de cinéma. 18 ans de pérégrinations festivalières et cinématographiques. Diplômée en droit, sciences (...)
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