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lundi 24 novembre 2008
Un chercheur danois alerte les autorités européennes sur le fait que de nombreux pesticides utilisés par les agriculteurs pourraient affecter le développement cérébral des fœtus et des jeunes enfants.
Interrogé par Reuters, le chercheur d’Havard
l’Université du sud-Danemark, David Granjean, affirme ""la toxicité
pour le cerveau ne fait pas partie des tests de routine pour les
pesticides. Dans la mesure où beaucoup d’entre eux sont toxiques pour
le cerveau des insectes, il est très probable qu’ils le soient
également pour le cerveau humain". Dans un support spécialisé, le
"Environnemental Health" il ajoute que les études expérimentales qui
recourent à des modèles complexes suggèrent que les pesticides utilisés
actuellement en Europe (...) peuvent s’avérer toxiques pour le
développement du système nerveux". "le cerveau en
développement des foetus et des jeunes enfants est beaucoup plus
sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques".
La contamination a des effets d’autant plus profonds et irréversibles
qu’elle a lieu à un stade précoce du développement utérin de l’embryon.

© Photo : RDT Info - publiée sur Futura Sante
Qu’en est il de ces pesticides ?
Chaque européen reçoit l’équivalent de 280 g de pesticides par an, si on compte les 140 000 tonnes déversées en Europe.
Selon le communiqué de MDRGF, 49,5% des fruits et légumes contiennent des pesticides.
Cela représente une augmentation de la contamination d’environ 20% au
cours des 5 dernières année. 23 pesticides ont été détectés à des
niveaux suffisamment élevés pouvant présenter un risque aigu pour la
santé publique et cinq des pesticides les plus fréquemment retrouvés
dans les aliments sont classées comme cancérogènes, mutagènes, ou perturbateurs pour le système hormonal (Maneb, Procymidone, Iprodione, Carbendazime, Deltamethrine). On retrouve aussi des résidus de pesticides
dans 27,7% des échantillons (comme l’imidaclopride - les résidus de
pesticides les plus fréquemment retrouvés dans les aliments en France
et en Espagne et pourtant classé dans pesticide controversé et d’usage
limité en France, en raison des dépérissements des abeilles dont il est
responsable). Plus de 10% des échantillons testés contiennent 4 ou plus
de résidus de pesticides différents !
Source : Reuters publié dans la Tribune MDRGF (voir le dossier pesticides)
N’oublions pas non plus que les pesticides sont nocifs pour la santé
mais également pour l’environnement. Pour mémo, le seuil de tolérance
des pesticides retrouvés dans les rivières n’est pas établi en fonction
des critères toxicologiques mais uniquement en fonction des capacités
de mesure des appareils de l’époque (années 80), cf article une semaine sans pesticides.
Pour les mamans et les enfants, quel est le risque de la contamination aux pesticides ?
Les spécialistes sont nombreux à dénoncer l’impact des pesticides dans le développement du cancer et notamment du cancer du sein. Pour limiter le risque de cancer du sein, il est important de protéger les femmes enceintes et les bébés et d’éviter les pesticides en mangeant bio le plus possible.
Selon le U.S National Ressource Defense Council, 55 % des risques de cancer proviendraient de l’exposition à des pesticides cancérigènes, avant l’âge de 6 ans.
Les symptômes les plus communs de l’exposition aux pesticides sont la
fatigue et une mémoire diminuée. Une exposition prolongée peut être
reliée à des problèmes de cancers, de désordre du système nerveux
central, neuro-développementaux, tels que des difficultés
d’apprentissage, déficits sensoriels, retards de développement,
paralysies cérébrales, voire pour d’autres chercheurs l’autisme, le
déficit d’attention et l’hyperactivité etc.
Des chercheurs auraient établi un lien entre l’utilisation de ces pesticides et le comportement violent des jeunes. Le chercheur, Robert Hatherill, de l’Université de Californie, à Santa Barbara, dans un éditorial du Chicago Tribune croit que l’utilisation croissante de pesticides, combinée à une alimentation pauvre en fibres, mais riche en aliments transformés, pourraient être une des causes de l’accroissement de la violence chez les jeunes. Un mélange de traces de pesticides affecte la production hormonale de la thyroïde qui est associée avec de l’irritabilité, de l’agressivité et de l’hypersensibilité aux produits chimiques. (Source : aliv-e)
Comment éviter les pesticides ?
Très difficile, notre assiette contient 21 pesticides.
Pour les éviter, mangeons bio !. Le cahier des charges de l’agriculture
biologique exclue les pesticides de synthèse. Ne sont autorisés que des
substances d’origine minérale comme le souffre, le cuivre ou d’origine
végétale comme certains insecticides (roténone, pyrhétre), des purins
végétaux et des algues calcaires (lithothamme) riches en oligo-éléments
tendant à renforcer la résistance naturelle des plantes. Sauf qu’il va
falloir mettre vraiment les bouchées double pour nourrir l’afflux de
consommateurs en bio. Aujourd’hui le bio est importé,
et oui, nous ne produisons pas assez en France. L’objectif fixé est de
passer de 2 à 6% du total des surfaces agricoles utiles en agriculture
biologique en 2013 et 20% en 2020.
Lire d’autres articles d’Abonéobio au sujet des pesticides :
++ Manger bio pour lutter contre le cancer du sein
++ Cancer du sein et pesticides, protéger les femmes enceintes et les bébés
++ pourquoi choisir du coton biologique ?
++ Manger bon et bio, bien choisir
++ Grenelle : 31 pesticides et autres retirés
++ le vin bio, cela existe ?
++ l’alimentation anti cancer selon David Servan Schreiber